Radio Foot Internationale : l’émission qui renforce la fraternité de 5 jeunes

16 octobre 2014

Radio Foot Internationale : l’émission qui renforce la fraternité de 5 jeunes

Photos/Blackbery-Owarindé
5 frères attentifs autour d’un poste récepteur à l’heure de Radio Foot

Plus qu’une émission, Radio Foot Internationale reste pour certains un symbole d’unification qui renforce leur fraternité et amitié.

Leurs études ou encore leurs professions respectives éloignaient des frères les uns des autres jusqu’au jour où ils ont connu autrement « Radio Foot Internationale », une émission de RFI. Et depuis ce temps, chaque soir du lundi au vendredi, je les retrouve plus que jamais unis.

David, Timothée, Michael, Djos et Jacob sont 5 frères d’une grande famille. N’eut été Radio foot internationale, leur fraternité aurait pris un grand coup. « Des années plutôt, bien avant qu’on ne commence par suivre cette émission sport de RFI ensemble, je n’avais presque pas une occasion pour discuter avec mes frères.  Et vice-versa. Tôt le matin, chacun vaquait à ses occupations, moi j’aillais à l’université et le soir on rentrait tous fatigués, chacun dans sa chambre. La seule chose qu’on ne manquait pas de faire était : les salutations. Tout était entrain de devenir bizarre entre nous jusqu’au jour où j’ai arrêté de suivre Radio foot, seul dans ma chambre », raconte Jacob, le plus jeune.

Jacob connaissait Radio foot internationale depuis 2012, mais il l’écoutait tout seul via son téléphone portable avec des écouteurs dans les oreilles. Ses frères en faisaient pareil. A l’entendre, cette façon discrète d’être auditeur les a tous rendus distants pendant des années. Il s’explique : « entre 2012 et 2013, ce n’était plus trop la fraternité entre mes frères et moi. Je quitte les cours et déjà à 19h 30mn je suis à la maison. Juste après ma douche et le dîner, je retourne dans mon lit et toute mon attention est figée sur 21h 10 (TU), l’heure à laquelle commence la rediffusion de Radio foot international. Là, personne ne pouvait plus adresser la parole à l’autre. Et ça fait au lendemain pour un bonjour ou un bonsoir. Mais aujourd’hui il y a un grand changement». Le lien sacré entre ces 5 frères a pris un grand coup pendant presqu’un an avant que leur émission favorite ne vienne tout changer.  Tout a commencé un jour férié. « Ce jour, on était tous à la maison puisque c’était chômé. Donc on a eu la chance de suivre radio foot en direct à 15h 10 (TU) dans le grand salon et cette fois-ci, plus via nos téléphones portables, mais via un géant poste-radio qui faisait presque trembler les mûrs de la chambre (sourire…)», s’en souvient très bien David. « la vive voix d’Annie nous a tous sorti de nos chambres après que mon frère Jacob ait mis en marche le poste-radio du salon. Le volume était trop mais personne n’a pu résister. On a laissé nos égaux de côté et on a rejoint Jacob dans le salon. Depuis ce jour, que ce soit à 15h ou à 21h, on écoute ensemble Radio foot et cela a consolidé notre relation fraternelle », poursuit-il.

Il y a plus que jamais une forte union entre eux et cela ne passe plus inaperçue. Le mardi 7 octobre 2014, j’ai moi-même eu la confirmation. Sur rendez-vous, je me présente chez les 5 frères à 21h 13 (TU). Déjà, j’ai accusé un retard de 3 minutes. Je prends place et je fais le décompte : les 5 frères et 4 autres de leurs amis. Un calme total règne dans le grand salon. Même plus un mouvement de qui que ce soit. « eh ! Qui fait ça ? », a été la réaction de Djos, lorsque leur petit neveux traînait ses pas sur la terrasse de la maison. Il justifie cette brusque et vive réaction : « Quand on suit cette émission, c’est le calme total. Plus de geste, plus de va et vient dans la chambre et dans l’entourage. Les commentaires et autres sont réservés pour la fin ». La discipline s’impose, mais laisse quelques fois place aux rires.

Quand Annie Gasnier aborde par exemple le sujet « Wenger-Mourinho », tous sont bien concentrés mais n’ont pu retenir leurs rires et grimaces suites au propos de Mourinho en élément sonore : «C’est un spécialiste de l’échec, pas moiS’il a raison et que j’ai peur d’échouer, c’est parce que ça m’est rarement arrivé. Peut-être qu’il a raison, mais peut-être que je n’ai pas l’habitude d’échouer. La vérité, c’est que lui est un spécialiste. Huit ans sans le moindre trophée, ça c’est un échec. Si ça m’arrivait à Chelsea, je quitterais Londres et je ne reviendrais pas».

Place aux commentaires…

C’est déjà la fin de radio foot. Personnes d’entre ces jeunes ne rentre automatiquement chez lui. Tous se dirigent vers la cour. Les commentaires jaillissent de part et d’autre. Les 5 frères qui, des années plutôt ne s’adressaient presque plus la parole, retrouvent un sourire commun et ont la même opinion au sujet de Wenger et son Arsenal. Pour eux, Arsène Wenger en fait de trop. Dans une grande complicité, ils ont même traité le coach des Gunners de « récidiviste ». « ce n’est pas pour la première fois que Wenger agit de la sorte. Les journalistes l’ont dit tout à l’heure dans radio foot. Donc avouons qu’il n’a pas raison. Personne n’est contre lui, mais il est en faute », tentent de justifier David et Timothée. Là encore, on remarque l’unité des 5 frères, qui se soutiennent dans un débat contre 6 autres jeunes du quartier. Les esprits se chauffent et le débat devient plus bruyant. Dans un style sarcastique, Michael fait appel à ses frères : « Jacob, David, Timothée, Djos; allons discuter dans la chambre. Ceux là ne connaissent rien du football. On dirait même qu’ils dormaient quand l’émission passait. On y va ». Dans un style propre à eux, les 5 frères s’éclipsent de la scène avec toute la fierté d’être des accros de Radio foot Internationale.

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Commentaires

Annie Gasnier
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Bonjour ! Tres touchant récit et témoignage. Un grand salut à ces jeunes auditeurs et un grand merci à leur fidelité. Annie

Owarindé Jacob
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Merci Annie pour votre commentaire. Les jeune africains et en particulier les béninois vous suivent du lundi au vendredi. Au delà de mon témoignage, Radio Foot est devenu une religion pour certains. Ils étaient nombreux à vouloir que je les interviewe pour mon article, parce qu'ils adorent parler de Radio Foot Internationale (ton émission) après l'avoir suivie. Vous avez parlé de Lionel vendredi dernier (Café des sports) et cela a suscité beaucoup de réactions à Cotonou. Lesquelles réactions m'ont poussé à une profonde observation jusqu’à la fin du weekend et je vous ferai part de ce qui est à travers un autre témoignage intitulé: Quand Lionel Messi joue, Cotonou est surexcité.

Iko Horace
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Cool je suis moi même un fan de radio foot international d'Annie Gasnier. Ton histoire est émouvant et montre la portée de cette émission surtout en Afrique.

Owarindé Jacob
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Merci pour le commentaire. je regrette de ne t'avoir pas interviewé avant la rédaction de ladite histoire. Toutefois, réjouis toi d'être Fan de Radio foot.